En mai, c’est la saison où chacun fait ce qu’il lui plaît… et le digital ne fait pas exception ! Entre deux ponts, les plateformes s’activent, l’IA accélère, les robots courent (presque) plus vite que nous, et les géants de la tech tentent de garder la main.
OpenAI rêve plus grand, Meta muscle ses apps, TikTok chamboule le shopping et Google fait machine arrière sur les cookies.
Dans ce grand mix, Enablers a sélectionné pour vous les signaux chauds à explorer à votre rythme : à picorer entre deux terrasses ou à creuser à fond selon l’inspiration du moment.
Bref, en mai, faites ce qu’il vous plaît… mais restez curieux, parce que le digital, lui, ne s’arrête jamais.
ChatGPT & OpenAI : turbo activé
Altman en mode réseau secret
OpenAI, sous la houlette de son patron, Sam Altman, travaille discrètement à un réseau social boosté à l’IA, pensé pour rivaliser frontalement avec X (ex-Twitter) et Meta. Ce projet, encore en phase de test interne, mettrait la génération d’images par ChatGPT au centre d’un fil social interactif, avec personnalisation avancée et création assistée par IA. L’ambition : réinventer la création, le partage et l’interaction, en intégrant l’IA au cœur de l’expérience utilisateur, bien au-delà des plateformes traditionnelles.
Objectif : collecter des données, essentielles pour entraîner ses modèles, à l’instar de ce que font déjà X avec Grok ou Meta avec Llama. Cette incursion sociale accentue la rivalité entre Altman, Musk (qui a tenté de racheter OpenAI pour 100 milliards de dollars) et Zuckerberg, et préfigure une bataille où la plateforme sociale devient un véritable laboratoire d’IA.
Altman prépare son réseau… nous, on prépare l’apéro…
ChatGPT fait son marché
D’ores et déjà, OpenAI enrichit l’expérience ChatGPT de trois fonctionnalités majeures : le shopping intégré (voir prochain article), la recherche via WhatsApp et l’amélioration des citations de sources. L’intégration WhatsApp permet d’interroger ChatGPT par simple message, rendant l’IA plus accessible. Côté citations, ChatGPT affiche désormais de façon plus transparente les sources utilisées dans ses réponses, un enjeu clé pour la fiabilité et la traçabilité des informations. Enfin, la fonction « mémoire » permet à l’IA de personnaliser davantage les résultats en s’appuyant sur l’historique des conversations, tout en laissant à l’utilisateur le contrôle sur ce qui est mémorisé. Cette offensive confirme la volonté d’OpenAI de s’imposer comme une alternative crédible à Google, en misant sur la personnalisation, la transparence et l’intégration multi-plateformes.
Prêts à faire de ChatGPT votre assistant central de votre quotidien numérique, partout, tout le temps ? Vous avez déjà des amis pour qui c’est déjà cas le cas certainement !
Shopping : ChatGPT passe à la caisse
ChatGPT est donc déjà un assistant shopping nouvelle génération : il recommande désormais des produits personnalisés, avec visuels, avis, prix et liens directs vers les sites marchands. L’expérience est fluide, sans publicité ni commission pour OpenAI, et couvre à date quatre grandes catégories : mode, maison, beauté et électronique.
Accessible à tous, même sans compte, cette fonctionnalité a été déployée mondialement et s’appuie sur des données structurées issues de partenaires tiers. Le succès n’attend pas : plus d’un milliard de recherches shopping ont été enregistrées en une semaine, alors que ChatGPT compte déjà plus de 400 millions d’utilisateurs actifs par semaine.
Une opportunité pour les marques : elles peuvent optimiser leur visibilité en ouvrant leur site à l’indexation ChatGPT, profitant ainsi d’un accompagnement ultra-personnalisé proposé aux utilisateurs, du conseil jusqu’à l’achat… à vous de faire votre marché !
Pub dans ChatGPT : jackpot en vue
Et comme seuls les imbéciles ne changent pas d’avis, OpenAI opère un virage stratégique dans une logique de diversification alors que la concurrence s’intensifie sur le marché de l’IA générative. L’entreprise prépare une nouvelle étape clé pour ChatGPT : l’arrivée de la publicité ! Forte de 600 millions d’utilisateurs mensuels, la plateforme vise un milliard de dollars de revenus publicitaires dès 2026 et jusqu’à 25 milliards à l’horizon 2029, soit 20% de son chiffre d’affaires projeté.
Reste un défi à relever : intégrer la pub sans dégrader l’expérience utilisateur. OpenAI devra miser sur la personnalisation, la discrétion et le respect des données pour éviter de perdre ce qui fait la force de ChatGPT, son utilité perçue et la confiance de ses utilisateurs. L’enjeu éthique est de taille, car la publicité ciblée dans les outils d’IA soulève déjà de nombreuses questions sur la vie privée et la pertinence des annonces.
Publicité ciblée ou pub déguisée ? À suivre au prochain épisode sponsorisé.
ChatGPT vise les étoiles
En seulement six mois, la fonction de recherche de ChatGPT a vu son nombre d’utilisateurs actifs mensuels en Europe bondir de 11,2 à 41,3 millions, soit une croissance spectaculaire de 267 %. Si Google reste ultradominant avec près de 780 millions d’utilisateurs mensuels (373 fois plus que ChatGPT), force est de constater à nouveau que l’essor de l’IA conversationnelle bouleverse les usages : on ne « cherche » plus, on discute avec une IA. Déjà, 8 % des internautes privilégient ChatGPT pour leurs recherches.
Ce changement de paradigme oblige les marques à revoir leur stratégie SEO et à intégrer l’IA comme nouveau canal de visibilité. Mais la fiabilité reste un défi : jusqu’à 67 % d’erreurs constatées sur certains contenus, notamment l’actualité.
NB : à prendre en compte dans votre dossier « Optimisation de présence en ligne » !
Big Tech : sous tension, sous pression
OpenAI vise la stratosphère
Et quand ChatGPT vise les étoiles, sa maison mère vise la stratosphère : OpenAI affiche des ambitions XXL car selon The Information, l’entreprise vise 125 milliards de dollars de chiffre d’affaires dès 2029, et même 174 milliards en 2030. Pour y parvenir, OpenAI mise sur une diversification accélérée : abonnements, API, publicité, assistants spécialisés et intégrations verticales sont au cœur de la stratégie. Si ce plan se concrétise, OpenAI deviendrait la société tech ayant atteint le plus rapidement le cap des 100 milliards de revenus, devant des géants comme Meta ou Amazon.
L’ère du laboratoire touche à sa fin : OpenAI ne se contente plus d’être un pionnier de l’IA, mais s’impose désormais comme un géant économique prêt à jouer dans la cour des GAFAM.
À suivre de très très près.
GAFAM : les compteurs explosent
Plus généralement, les géants historiques de la tech affichent une santé financière insolente. Au premier trimestre 2025, Meta a généré un bénéfice net de 16,6 milliards de dollars (+34,6 %) et Alphabet 34,5 milliards (+46 %), sur des chiffres d’affaires trimestriels qui rivalisent avec le chiffre d’affaires annuel de BNP Paribas ou le budget annuel de l’armée française. Au-delà de l’avalanche des chiffres, il est toujours intéressant d’avoir un point de comparaison. En un trimestre, Microsoft fait mieux que l’année entière de BNP Paribas ou encore la somme est plus importante que le budget des armées françaises.
Mais la domination des GAFAM est désormais contestée : concurrence des IA, régulations renforcées et marché pub instable fragilisent leur position.
La bataille pour l’attention et la confiance des utilisateurs ne fait que commencer se prolonger.
Cookies : le gâteau retombe
Et justement, Google vient de faire un pas en arrière qui en dit long. Après cinq ans de promesses, Google renonce à supprimer les cookies tiers sur Chrome, un virage stratégique qui en dit long sur la complexité du marché publicitaire digital. Ce revirement s’explique par six raisons majeures :
- 39% des internautes bloquent déjà les cookies tiers via Safari ou Firefox.
- Privacy Sandbox permet de récupérer 89% des dépenses display, mais seulement 55 % pour le remarketing.
- 600 millions de dollars d’amende infligés à Google par la CMA britannique en 2024 pour entrave à la concurrence.
- Pression économique : les cookies tiers génèrent 70 % des revenus publicitaires ciblés et leur suppression aurait pu coûter 25 milliards de dollars par an à l’écosystème publicitaire.
- Pression technique : Privacy Sandbox et FLoC n’ont pas convaincu, ne couvrant que 30 % des usages et soulevant des risques de fingerprinting.
- Pression juridique : Google fait face à des plaintes antitrust aux États-Unis et à la menace de nouvelles sanctions en Europe.
Résultat : les annonceurs et régies respirent, mais les utilisateurs restent « exposés » au tracking, et le débat sur la vie privée est relancé.
Résumé : les cookies sont toujours là, mais c’est plus vraiment la fête.
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Social War : la guerre des formats
TikTok ajoute l’étoile au menu
OpenAI n’est pas le seul à bousculer le shopping : TikTok s’attaque au e-commerce local avec une innovation en test : l’intégration d’avis clients directement dans les vidéos. Désormais, lorsqu’un créateur mentionne une marque ou un lieu, un onglet « Avis » apparaît avec notes, commentaires, photos et informations issues de Google Maps, le tout sans quitter l’app. L’expérience d’achat devient instantanée et géolocalisée, offrant aux utilisateurs une nouvelle façon de choisir où consommer et quoi acheter.
Le phénomène est massif : plus de 70 % des consommateurs consultent des avis avant d’acheter, et 74 % des jeunes utilisent déjà TikTok comme moteur de recherche produit. Pour les marques, cette fonctionnalité ouvre un nouveau levier de conversion et de visibilité, notamment avec l’essor de TikTok Shop en France. Mais attention : trop d’informations pourrait nuire à l’immersion vidéo, clé du succès de la plateforme. L’équilibre entre utilité et plaisir visuel sera essentiel pour l’adoption de cette nouveauté.
Votre liste s’allonge de nouvelles opportunités e-commerce à tester (en attendant que TikTok vous dise aussi où manger et avec qui !)
Instagram se Discover-ise
Sur le front de l’attention, Meta quant à lui muscle Instagram pour ne plus être seulement le royaume de la photo. La plateforme teste une refonte de son moteur de recherche, intégrant désormais posts, Reels, lieux et tendances dans une même requête. L’objectif est clair : concurrencer Google et TikTok sur le terrain du « social search » et capter la génération qui délaisse les moteurs classiques.
Si cette expérience séduit, Instagram pourrait devenir un carrefour incontournable de découverte, d’inspiration et d’achat où tout se passe sans quitter l’app. Ce nouveau moteur vise à capter l’utilisateur dès la recherche et à maximiser le temps passé sur la plateforme, dopant ainsi l’engagement et la monétisation. Pour Meta, c’est un levier supplémentaire pour s’adapter aux nouveaux usages mobiles et conversationnels, tout en consolidant sa place dans la course à l’attention.
Décidément, votre dossier « Optimisation de présence en ligne » ne cesse de s’alourdir (aussi) !
Threads : la pub s’invite
Toujours chez Meta, Threads accélère sur la pub. Lancée en 2023 comme alternative à X (ex-Twitter), la plateforme ouvre désormais ses espaces publicitaires à tous les annonceurs dans une trentaine de pays, dont la France et les États-Unis. Threads revendique déjà près de 150 millions d’utilisateurs actifs mensuels, dont 62 % ont moins de 35 ans, une audience jeune et très engagée.
Les annonceurs profitent de formats natifs (images, carrousels) à un CPM moyen de 8,50 $, soit 15 à 20 % moins cher que sur Instagram. Pour préserver l’expérience, Meta limite la pub à une annonce toutes les 12 publications, contre 1 sur 8 sur X. Objectif affiché : capter 15 à 20 % du marché de la pub sociale d’ici 2026 et viser le milliard d’utilisateurs à moyen terme.
Encore un nouveau terrain de jeu pour les marques, alors que la guerre des formats courts s’intensifie face à X et TikTok. À vous de jouer !
Hommes & robots : qui gagne ?
Réseaux & jeunes : alerte rouge
Dans ce tumulte d’innovation, les autorités, elles, tirent la sonnette d’alarme face aux risques croissants pour les jeunes : addiction, harcèlement, troubles du sommeil. Le gouvernement français propose un plan radical : interdiction des réseaux sociaux avant 15 ans, vérification d’âge obligatoire, couvre-feu numérique pour les 15-18 ans (blocage entre 22h et 8h), et écran en noir et blanc après 30 minutes d’utilisation… comme en Chine. Inspirées par les pédopsychiatres, ces mesures visent à responsabiliser familles et plateformes, tout en protégeant la santé mentale des ados. Entre santé mentale, liberté individuelle et économie de l’attention, le débat est brûlant et ne fait que commencer.
Les paris sont ouverts sur qui sortira gagnant entre l’individu et les géants de la Tech… un avis ?
Salaires Tech : stop ou encore ?
À propos de gagner, que gagne-t-on en travaillant dans la Tech ? Si l’écosystème se transforme à grande vitesse, la progression des salaires marque le pas en 2025. La hausse moyenne dans le digital et l’informatique en France tombe à +3 %, contre +5 % en 2024, marquant une phase de stabilisation après plusieurs années de forte progression. Mais derrière cette moyenne, les disparités restent marquées : les profils experts – cloud, IA, cybersécurité, data – continuent de voir leurs revenus progresser, parfois jusqu’à +13 %. Par exemple, un ingénieur cloud peut atteindre 70 000 € après 8 ans d’expérience (+8,7 % sur un an), un responsable sécurité informatique autour de 90 000 €, et un data scientist senior jusqu’à 80 000 € à Paris.
À l’inverse, les fonctions généralistes ou juniors stagnent : un responsable marketing digital expérimenté dépasse rarement 55 000 € hors Paris, un product owner débutant touche 45 000 €, un growth manager 40 000 €. À Paris, les salaires restent 10 à 20 % plus élevés qu’en région. Les freelances spécialisés tirent aussi leur épingle du jeu avec des TJM en hausse dans les domaines pointus.
La tendance de fond : les entreprises recherchent des profils hybrides, capables d’allier expertise technique, vision stratégique et soft skills. Il faut vous y préparer !
Humains vs bots : l’humain garde la main
Pendant que certains négocient leurs salaires, d’autres courent… contre des robots. Littéralement ! À Pékin, un semi-marathon a opposé coureurs et humanoïdes. Verdict : l’humain l’emporte encore, avec un temps de 1h02 contre 2h40 pour le meilleur robot, qui a dû s’arrêter trois fois pour changer de batterie. Si la progression des machines impressionne, leurs limites restent nettes : manque d’autonomie, difficulté à gérer l’imprévu, incapacité à égaler la polyvalence et la créativité humaines. Ce duel symbolise le futur du travail : IA et robots avancent vite, mais l’avantage humain demeure, surtout sur le plan cognitif et émotionnel. Plus que la compétition, c’est la collaboration homme-machine qui sera la clé de la compétitivité de demain : une note d’espoir pour conclure cette newsletter !
Ça vous a plu ?
En mai, on fait ce qu’il nous plaît… et si c’était aussi vrai pour nos stratégies digitales ?
L’IA accélère, les plateformes se réinventent, les règles du jeu changent, mais une chose reste : la liberté de choisir ses combats, d’innover à sa façon et de garder une longueur d’avance. Que vous soyez en mode veille, expérimentation ou passage à l’action, gardez la curiosité en bandoulière et l’agilité en tête. L’important ? Comprendre avant de foncer, tester sans se perdre, pivoter sans paniquer.
Et si vous voulez challenger vos idées ou activer tout ça concrètement, on est là pour avancer ensemble.
À très vite
L’équipe Enablers pour continuer à faire ce qu’il nous plaît… dans la veille, la stratégie et l’action.




